Les supporters algériens attendent beaucoup de l’équipe nationale à l’occasion de son retour en phase finale de la Coupe du monde, non seulement pour qu’elle réalise un bon parcours et se qualifie pour les huitièmes de finale, mais aussi pour tourner la page sur une longue série de revers qui ont marqué le parcours des « Verts » et du football algérien en général.
Les observateurs espèrent que cette édition de la Coupe du monde sera l’occasion de tirer les leçons de cette longue absence de la compétition, d’autant plus que l’équipe nationale algérienne avait déjà été absente des phases finales pendant 24 ans, entre la Coupe du monde de 1986 au Mexique et celle de 2010 en Afrique du Sud, avant de connaître une nouvelle absence de 12 ans entre la Coupe du monde 2014 au Brésil et l’édition actuelle aux États-Unis.
Le retour des « Verts » sur la scène internationale, après deux éditions consécutives d’absence, suscite de grands espoirs quant à une participation solide qui redorera le blason de la sélection, après des années marquées par de nombreux revers aux niveaux continental et mondial.
Cette longue absence de la Coupe du monde a été l’un des principaux indicateurs de l’ampleur des difficultés rencontrées par l’équipe nationale à différentes étapes. En effet, après sa participation à la Coupe du monde de 1986 au Mexique, l’équipe nationale a été éliminée dès le premier tour alors qu’elle avait les moyens d’accéder au deuxième tour, mais des problèmes administratifs et des conflits internes ont affecté le groupe.
Bien que la sélection algérienne ait continué à s’illustrer par la suite en atteignant les demi-finales de la Coupe d’Afrique des nations 1988 au Maroc, puis en remportant le titre historique de la Coupe d’Afrique des nations 1990 en Algérie et la Coupe afro-asiatique en 1991, le véritable déclin a commencé lors de la Coupe d’Afrique des nations 1992 au Sénégal.
Cette édition a été marquée par ce qui a été appelé par la suite la «farce de Zingchour», après l’élimination de la sélection dès le premier tour, suite à une défaite 3-0 face à la Côte d’Ivoire et à un match nul contre le Congo, ce qui a marqué la fin d’une période importante pour la génération des années 80 et entraîné le limogeage de l’entraîneur Abdelhamid Kermali et de son staff.
Par la suite, on a fait appel à Ighil Meziane et Mehdaoui, qui ont formé une équipe jeune ayant montré des performances prometteuses lors des qualifications pour la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde, et qui a atteint la phase finale des qualifications pour la Coupe du monde de 1994.
Mais le manque d’expérience a empêché cette génération de réaliser son rêve de se qualifier face au Nigeria et à la Côte d’Ivoire, avant que ne survienne le choc de l’affaire Kaarouf, qui a privé les « Verts » de leur participation à la Coupe d’Afrique des nations 1994 en Tunisie, un événement qui a reflété l’ampleur des troubles administratifs que connaissait alors le football algérien.
L’équipe nationale a tenté de retrouver son équilibre lors de la Coupe d’Afrique des nations 1996 en Afrique du Sud, sous la houlette d’Ali Fergani. Elle a atteint les quarts de finale, où elle s’est inclinée de justesse face à l’équipe hôte, future vainqueur du tournoi.
Mais le plus grand revers est survenu lors des éliminatoires de la Coupe du monde 1998 en France, lorsque l’équipe algérienne a été éliminée face au Kenya au stade du 5 juillet, malgré une victoire 1-0 au match retour, après avoir été incapable de rattraper la défaite concédée à l’aller à Nairobi, lors d’un match au cours duquel Bilal Dziri a également manqué un penalty décisif.
Après ce revers, les échecs se sont succédé lors des phases finales de la Coupe d’Afrique des nations et des qualifications pour la Coupe du monde, dans un contexte marqué par une politique improvisée et un manque de stabilité et de continuité, avec une succession de nombreux entraîneurs à la tête de l’équipe.
Ce déclin a même conduit à l’absence de l’équipe nationale algérienne de la Coupe d’Afrique des nations lors des éditions de 2006 et 2008, malgré le recours à des entraîneurs étrangers, une période qui a mis en évidence la gravité de la crise technique et organisationnelle au sein du système footballistique.
Ce tournant s’est produit à la fin de l’année 2007, après le retour de l’entraîneur Rabah Saâdane à la tête de la sélection nationale, où il a mis en place, en collaboration avec la Fédération algérienne de football, une stratégie plus réaliste, fondée sur la combinaison de joueurs locaux et de joueurs évoluant à l’étranger.
L’équipe comptait alors dans ses rangs des noms prestigieux tels que Karim Ziani, Antar Yahia et Madjid Bougherra, ainsi que des joueurs locaux comme Ounas Gaouaoui, Fawzi Chaouchi et Slimane Rahou, et Samir Zaoui, ce qui a apporté un nouvel équilibre à l’équipe.
Les qualifications pour la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde 2010 ont marqué un tournant historique, qui s’est achevé par l’épopée d’Omdurman en novembre 2009 face à l’équipe d’Égypte, permettant ainsi à l’équipe d’Algérie de revenir en Coupe du monde après une absence de 24 ans.
La Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud a marqué le début d’une nouvelle ère, malgré des performances inégales face à la Slovénie, à l’Angleterre et aux États-Unis, car aux « Guerriers du désert » une expérience précieuse qui leur a ensuite permis de briller lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil.
Lors de l’édition 2014, l’équipe nationale algérienne, sous la houlette de Vahid Halilhodžić, a réussi à se qualifier pour les huitièmes de finale pour la première fois de son histoire, un bond en avant sur lequel on aurait pu mieux s’appuyer.
Mais cet élan n’a pas été exploité comme il se doit : la sélection nationale a manqué la Coupe du monde 2018 en Russie, puis n’a pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde 2022, malgré son sacre lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019 en Égypte.
Ces résultats ont été suivis de deux échecs continentaux lors des Coupes d’Afrique des nations de 2022 et 2024, ainsi que d’une élimination surprise lors des barrages de la Coupe du monde 2022, ce qui a relancé les questions relatives à la stabilité et à la planification au sein du football algérien.
Aujourd’hui, avec le retour de l’équipe nationale algérienne en Coupe du monde, les supporters espèrent que cette participation marquera le début d’une période plus régulière, non seulement en termes de résultats, mais aussi en termes de présence constante dans les grandes compétitions.
En effet, l’absence de la Coupe du monde ne se traduit pas seulement par la perte de matchs, mais aussi par la perte d’expériences, de ressources, d’opportunités de développement, de réputation internationale et d’expériences de compétition dont ont besoin les joueurs algériens et le football algérien sur les plans technique, organisationnel, administratif et même financier.


