Bien que Clavénis n'ait pas encore officiellement annoncé son intention de se présenter à l'élection présidentielle de la FIFA prévue au Maroc en mars 2027, son nom figure désormais parmi les favoris d'une course qui pourrait marquer un tournant historique à la tête de la fédération internationale.
Mardi, Blatter avait publié sur son compte X que Clavénis méritait le plus grand respect, car elle est la seule à avoir toujours adopté des positions claires sans se laisser emporter par le courant dominant, estimant que le moment est venu, au sein de la FIFA, qu’une femme prenne les rênes.
Née en 1981, Klavénis a mené une carrière de footballeuse qui s’est étendue sur 14 ans, au cours desquels elle a représenté la sélection norvégienne lors de 73 matchs et a contribué à sa qualification pour la finale du Championnat d’Europe féminin en 2005.
Parallèlement à sa carrière sportive, elle a étudié le droit et obtenu un master, puis a exercé en tant qu’avocate et assistante judiciaire au tribunal d’Oslo, ainsi que conseillère auprès de la Banque centrale de Norvège.
Après avoir pris sa retraite, elle s’est orientée vers des fonctions de direction, occupant en 2018 le poste de directrice du football de haut niveau au sein de la Fédération norvégienne, avant de devenir, en mars 2022, la première femme élue présidente de la Fédération norvégienne de football depuis sa création il y a plus de 120 ans. En 2025, elle a rejoint le comité exécutif de l’Union européenne de football.
Klavénis s’est fait connaître à l’échelle mondiale après son discours lors du congrès de la FIFA à Doha en 2022, où elle a vivement critiqué la situation des droits de l’homme et les conditions de travail liées à l’organisation de la Coupe du monde au Qatar, affirmant que les droits de l’homme, l’égalité et la démocratie ne faisaient pas partie des priorités. Depuis lors, elle est devenue l’une des voix les plus influentes réclamant une réforme de la FIFA et un renforcement de la transparence.
Elle est également entrée en confrontation directe avec Infantino après s’être opposée au projet de création d’une société chargée de gérer les droits commerciaux des compétitions de la FIFA, d’une valeur de 20 milliards de dollars, estimant que cette initiative menaçait l’indépendance du football et le transformait en un projet purement financier, et l’opposition menée par l’Union européenne a contribué au retrait de cette proposition.
Dans le cadre de ses prises de position politiques et sportives, Klavenis a appelé en 2025 à la suspension de la participation d’Israël aux compétitions internationales en raison de la guerre à Gaza, et a exigé l’annulation du prix de la paix décerné par la FIFA au président américain Donald Trump, ce qui a renforcé son image de personnalité n’hésitant pas à s’opposer aux décisions de la direction de la fédération internationale.
Bien qu’elle dispose d’une expérience sportive, juridique et administrative, le chemin de Klavenis vers la présidence de la FIFA ne sera pas facile, car elle devra gagner le soutien des fédérations nationales hors d’Europe, alors qu’une forte concurrence est attendue de la part de personnalités de premier plan, parmi lesquelles le président de la Confédération nord-américaine, Victor Montagliani, et le président de la Confédération asiatique, le cheikh Salman bin Ibrahim, sans oublier la possibilité qu’Alexander Čeferin, président de l’UEFA, se lance dans la course.
Si elle décide de se présenter aux élections, Klavenis pourrait devenir la première femme de l’histoire à occuper la présidence de la FIFA, mettant ainsi fin à plus d’un siècle de monopole masculin sur ce poste depuis la création de la fédération en 1904.
Il convient de rappeler qu’Infantino cherche à obtenir le soutien de l’administration Trump face aux pressions croissantes réclamant son départ, suite à la crise provoquée par le projet de vente d’une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs du secteur privé.
Le New York Post a révélé qu’Infantino allait avoir un entretien privé avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, alors qu’il fait face à une campagne de plus en plus intense au sein des instances du football mondial qui menace son avenir à la tête de la FIFA.
Le journal a cité une source bien informée selon laquelle cet entretien serait présenté comme une discussion sur le rôle du football en tant qu’outil de « soft power » pour les États-Unis, mais que l’objectif réel serait pour Infantino de tenter d’obtenir un soutien politique qui l’aiderait à conserver son poste.


