Jan Diomandi n’était pas simplement un remplaçant en quête d’une chance au Real Madrid, mais il est devenu l’un des joueurs incontournables dans les plans de l’entraîneur. Il a marqué un but contre Villarreal, délivré une passe décisive face à la Roma, joué un rôle déterminant contre Séville, puis fait une entrée remarquée face à Leipzig. Mercredi soir, l’ailier ivoirien n’a eu besoin que d’une vingtaine de minutes pour offrir une passe décisive à Kylian Mbappé, puis marquer un but magnifique lors de la victoire 4-1 du Real Madrid face à Leipzig. Quatre matchs consécutifs avec une contribution offensive, une série qui commence à prendre de l’importance. Et à chaque occasion saisie par le jeune joueur, la question se pose : Mourinho peut-il considérer que la hiérarchie est désormais établie ?
L’empreinte de Diomandé ne se limite pas à sa contribution à deux buts contre Leipzig. Contre Séville, le 18 octobre, il a participé aux quatre buts du Real Madrid : une passe décisive pour Arda Güler, une contribution à la construction du deuxième but, une passe à l’origine du penalty transformé par Mbappé, puis un but personnel qui a scellé la victoire 4-1. Il avait déjà marqué contre Villarreal et délivré une passe décisive face à la Roma. Son dynamisme dans les duels individuels lui confère un atout supplémentaire. Selon le journal AS, en Liga, il a réussi 30 dribbles sur 45 tentatives, soit environ 67 %, contre 16 sur 38 pour Vinícius, soit 42 %. L’Ivoirien a réalisé ces statistiques avec environ 200 minutes de jeu en moins. La comparaison ne résume pas la valeur des joueurs, mais elle montre que Diomandi n’apporte plus seulement de la dynamisme lorsqu’il entre en jeu, mais qu’il gagne également du terrain dans des domaines censés être les points forts de Vinícius.
Le calendrier lui offre une occasion supplémentaire de marquer des points. Vinícius a écopé d’une suspension de quatre matchs en Liga, sanction confirmée en appel après son expulsion contre Villarreal. Il devrait donc manquer le Clásico prévu le 25 octobre, à moins qu’une nouvelle décision ne soit rendue en faveur du Real Madrid, qui continue de contester cette sanction. Diomande pourrait profiter de cette absence pour s’imposer dans le onze de départ et démontrer sa capacité à se montrer à la hauteur lors d’un grand rendez-vous. Mais cette opportunité ne signifie pas pour autant que Mourinho ait tranché : en Ligue des champions contre Leipzig, Vinícius était titulaire avant de céder sa place à l’Ivoirien, dont l’entrée en jeu a immédiatement changé la dimension offensive de l’équipe.
L’entraîneur portugais n’a pas tardé à tempérer l’enthousiasme suscité par son ailier. Après la victoire contre Séville, il a salué sa prestation mais a rappelé que le joueur était encore jeune, parfois naïf dans ses choix, et qu’il avait encore des progrès à faire dans la finition. Ce discours traduit davantage une volonté de tempérer les attentes vis-à-vis d’un talent en pleine maturation qu’un rejet. Diomande doit faire ses preuves, réitérer ses performances et apprendre à prendre les bonnes décisions dans les derniers mètres. Mais cette exigence s’applique également à Vinícius : son statut et son parcours ne peuvent pas effacer indéfiniment les difficultés actuelles.
Il est trop tôt pour parler d’une éviction totale, car le Brésilien possède une expérience et un palmarès que son rival doit encore se forger. En revanche, il n’est plus acquis qu’il retrouve automatiquement sa place sans que la concurrence ne soit prise en compte. Diomandi a marqué contre Villarreal, la Roma, Séville et Leipzig ; il doit désormais prouver sa capacité à maintenir ce niveau lorsque les adversaires lui laissent moins d’espaces et que la pression s’intensifie. Pour Mourinho, le choix devient passionnant : préserver la place d’un titulaire ou récompenser le dynamisme d’un joueur qui fait parler de lui. Diomandi n’a pas encore évincé Vinícius, mais il a clairement cessé de se contenter d’un rôle de remplaçant.


